"L'amour n'a d'autre désir
que de s'accomplir."

Khalil Gibran

 

 

 

 

"A l'origine, le symbole est un objet coupé en deux, fragments de céramique, de bois ou de métal. Deux personnes en gardent chacune une partie, deux hôtes, le créancier et le débiteur, deux pélerins, deux êtres qui vont se séparer longtemps… En rapprochant les deux parties, ils reconnaîtront plus tard leurs liens d'hospitalité, leurs dettes, leur amitié."

 

Dictionnaire des symboles

 

 

 

 

 

 

 

 

"Le grand mystère consiste dans le fait que le Moi réel des êtres polaires est un et indivisible. Un pour les deux. Seulement – et cela fait figure de folie pour les hommes – il vit simultanément dans deux Personnalités et, bien entendu, dans deux corps séparés l'un de l'autre mais naturellement polarisés.

Le Chevalier et la Dame de ses pensées, conscients de leur polarité, aspirent à leur union intégrale. Après avoir pénétré dans leur conscience de veille, l'aspiration à cette union imprègne peu à peu les Moi de leurs Personnalités, créant ainsi une attraction amoureuse bien différente cependant de celle du commun des humains: l'Amour courtois. Il enflamme leur coeur et leur inspire le courage de rechercher les moyens, et principalement ceux de la voie intérieure, qui leur permettront de vaincre tous les obstacles karmiques qui se dressent sur leur route.

L'union parfaite, donc complète des êtres polaires, fait naître l'Individualité, le Nouveau Microcosmos, réalisant l'Androgyne. C'est le Paradis, retrouvé par la grâce de Dieu et par l'Amour atteint en vertu des efforts conscients et le courage qu'ont manifesté les êtres polaires au cours du Combat invisible ininterrompu. Cette union est sacrée."

 

Gnôsis II de Mouravieff

 

 

commentaires

Madeleine 11/12/2013 18:48

En complément, une étude sur l'auteur:

http://slavica.revues.org/273

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Madeleine 11/12/2013 18:47

(suite et fin des extraits de Gnôsis I)

"Lorsque des êtres polaires se rencontrent, d'après quels signes immédiatement perceptibles, ces humains encore imparfaits, déformés par les tares karmiques, peuvent-ils acquérir la conviction qu'en toute objectivité ils ne se méprennent pas ?

Voici quelques critères indispensables pour qu'une reconnaissance mutuelle puisse être considérée comme ayant une valeur objective. Dès la première rencontre, en présence de l'être polaire, le Moi de la Personnalité et le Moi du corps vibrent d'une manière qui ne ressemble à rien d'éprouvé précédemment. La raison en est que ces Moi se trouvent alors en présence de leur premier amour qui continue à travers les siècles. Sans en avoir clairement conscience, les êtres polaires se connaissent; et cette connaissance aussi ancienne qu'eux-mêmes s'exprime par la voix de leur subconscience. Cela crée, dès l'instant de la rencontre, une atmosphère de confiance et de sincérité absolues.

Il y a là une pierre qui touche: les êtres polaires ne se mentent pas. Il n'ont pas besoin de mentir, car, intérieurement, tous deux ne sont qu'un seul être, du tréfonds duquel le Moi réel lance son appel et donne son assentiment. Cette sincérité absolue, spontanée, constituera désormais la base de leurs relations. Et cela donnera à ces deux êtres le sentiment, autrement inconcevable, d'une liberté dans l'unité, qui met fin à l'impression de servitude et d'isolement dans laquelle nous vivons ordinairement.

Le lecteur comprendra maintenant le sens profond de l'interdiction de se mentir à soi-même: qui se ment, mentira de même à son alter ego. Ce sera la fin du miracle. Le côté merveilleux de la rencontre disparaîtra derrière un rideau trivial de mensonges, qui prendra vite l'aspect d'un mur infranchissable. En deçà de ce mur, les relations avec l'être polaire ne se distingueront plus en rien de celles qu'un homme peut avoir avec d'autres femmes: épouses, maîtresses et aventures. Une fois de plus, l'expérience aura été manquée.

Voici comment et pourquoi l'homme extérieur passe devant son être polaire sans le reconnaître. Voilà pourquoi le travail pratique, sur la Voie ésotérique, commence et se poursuit obligatoirement par la lutte contre le mensonge envers soi-même. Le succès dans ce domaine est indispensable. Aucun prix à payer n'est trop élevé pour y parvenir.

S'ils sont ouverts au vrai, si leur rencontre fait vibrer en eux, en harmonie, des cordes jusqu'alors silencieuses, la voie est alors tracée aux êtres polaires pour recréer, par leurs efforts conscients, le Microcosmos jadis dissocié et brisé. L'Escalier se trouvera franchi comme d'un trait et, soudain, ils se verront placés devant le deuxième Seuil.

Le catéchumène franchit le premier Seuil, mû par un sentiment négatif: l'horreur de la vie dans la brousse et le désir ardent d'y échapper. Pour franchir le deuxième Seuil, les deux êtres polaires qui s'y présentent doivent être porteurs d'un mot d'ordre positif, qui leur sera demandé à ce moment.

La Voie s'ouvre à ceux qui savent ce qu'ils veulent, ce à quoi ils aspirent sur la Voie et hors de la Voie, dans la vie extérieure qui désormais ne pourra plus être détachée du travail ésotérique. Heureux ceux qui peuvent y être utiles. La Porte qui mène à la Vie s'ouvrira devant eux et ils liront au fronton du mur qu'ils franchiront l'inscription sacramentelle: "L'ouvrier est digne de son salaire" (Luc 10:7)"

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Madeleine 11/12/2013 18:45

Puisque la division d'Adam fut le commencement de la mort d'Adam et d'Eve, on peut en déduire que la réunification d'un homme avec son Eve personnelle (et nulle autre) et d'une femme avec son Adam personnel (et nul autre) va leur apporter - ou plutôt leur rendre - à tous deux l'immortalité! C'est ce que le Sauveur est venu annoncer à l'humanité, bien évidemment de commun accord avec sa compagne polaire ;)

On peut même imaginer que cette réunification progressive rajeunit progressivement les deux êtres polaires et c'est ce que Mouravieff annonce quand il dit que "le retour de l'Unité apparaît comme une source inépuisable d'énergies nouvelles."

L'immortalité est donc à la portée de tous et toutes: par l'Amour...

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"Il faut bien remarquer que l'accomplissement effectif du maithuna (union sexuelle) sur ce plan-ci n'est que l'une des formes de tantrisme. En fait, il en est deux autres: d'une part, la voie de l'ascèse solitaire, dans laquelle le tantrika (homme ou femme) s'unit à une épiphanie divine, à une polarisation particularisée de la Grande Ame; de l'autre, la voie où il y a bien deux amants tantriques (tous deux un homme et une femme concrets) mais dans laquelle l'union ne se fera pas physiquement – seulement sur les plans subtils (les contacts pouvant, c'est capital, être réels même entre partenaires séparés par de longues distances géographiques)."

http://misraim3.free.fr/hindouisme/TANTRA.PDF

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Madeleine 11/12/2013 18:44

"C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair." (Genèse 2:24)

"Si la femme ne s'était pas séparée [ou plutôt n'avait pas été séparée, précision de Madeleine] de l'homme, elle ne serait pas morte, non plus que l'homme. C'est la séparation de celui-ci qui fut le commencement de la mort. C'est pourquoi le Christ est venu pour réparer cette séparation survenue aux origines, réunir les deux, donner la vie à ceux qui étaient morts à la suite de la séparation et les unir. Et la femme s'unit à son mari dans la chambre nuptiale. Et ceux qui s'unissent dans la chambre nuptiale ne se sépareront plus." (Philippe 78-79)

"Toute union survenant entre deux êtres qui ne se ressemblent pas mutuellement est un adultère." (Philippe 42)

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Petit hors-sujet, à propos de l'autre partie de ce logion 42 de Philippe: "L'adultère survint d'abord, puis le meurtre (le meurtrier). Et il fut engendré dans l'adultère car il était l'enfant du serpent. C'est pourquoi il fut homicide comme son père également et il tua son frère."

On voit que Caïn, tout comme Abel, sont des fils de Yaldabaoth alias Yahvé, et on a ici une explication du verset 8:44 de l'évangile de Jean où Jésus traîte Yahvé de diable en même temps que d'homicide (homicide car ayant créé la mort dès le commencement par la division d'Adam en mâle + femelle, voir ci-dessus Philippe 78). Car Caïn et Abel n'étaient pas des fils d'Adam mais des fils d'Eve et de Yahvé! C'est pourquoi Eve dit: "J'ai acquis un homme de par Yahvé" (Genèse 4:1).

On le voit ci-dessous:

"Yaldabaôth vit alors la vierge qui se tenait auprès d'Adam. Il fut rempli d'ignorance et voulant susciter d'elle une semence, il la souilla et engendra un premier fils, et semblablement un deuxième: Yaoué, face d'ours et Eloïm, face de chat. L'un est juste et l'autre est injuste. Eloïm est le juste et Yaoué l'injuste. Le juste, il l'a établi sur le feu et le souffle; l'injuste, il l'a établi sur l'eau et la terre. C'est eux que toutes les générations ont nommés Abel et Caïn."

http://www.naghammadi.org/traductions/textes/livres_secrets_jean_2.asp

Le seul "fils de l'Homme" est Seth, conçu autant par Adam que par Eve (Genèse 4:25). Et la preuve de tout ceci est que la descendance d'Adam, développée en Genèse 5:1-3, ne parle nullement d'Abel et de Caïn mais uniquement de Seth (puis de Noé et de ses trois fils).

Donc la faute d'Eve est en réalité la faute de Yahvé qui souilla Eve!
Juste un petit "détail" à méditer...

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Madeleine 11/12/2013 18:41

Je médite beaucoup ces temps-ci sur ce concept des êtres polaires. Si on m'en avait parlé il y a quelques années, j'aurais trouvé ça extrêmement romantique - qu'y a-t-il de plus romantique ? - mais j'aurais dit: "chacun chez soi, moi je ne partage pas mon Moi réel avec un homme, non mais". Aujourd'hui je n'en suis plus si sûre, mais c'est une autre histoire.

J'en suis arrivée à cette conclusion: chacun de nous est composé de 100% d'un mélange de terre et de ciel. Pour schématiser, je dirais:

- Terre: matière, corps, argent, environnement, objet (je suis aimé, désiré)
- Ciel: esprit, éthique, spiritualité, psychologie, sujet (j'aime, je désire)

Donc, par exemple, quelqu'un qui a beaucoup développé (énergétisé) le monde de la terre en lui ou elle, va avoir un handicap correspondant pour ce qui concerne le ciel. Par exemple 80% de terre et 20% de ciel.

Dans le cas des êtres polaires, puisqu'ils sont deux [existants] bien qu'ils soient Un [Etre], on additionne donc les deux 100% et cela donne 200%. Leur Moi réel, commun, est donc composé de 200% répartis comme suit: 100% à monsieur et 100% à madame mais surtout 100% de terre et 100% de ciel... à deux!

Là où cela devient donc aussi extraordinaire que dramatique, c'est que, si l'un d'eux développe excessivement la terre et moins le ciel, ce sera l'autre personne qui va devoir "rééquilibrer" leur Moi réel commun pour qu'il fasse toujours 200%. Donc si par exemple monsieur développe la maîtrise de la terre pour 80% et la maîtrise du ciel pour 20%, alors sa "compagne polaire" va de son côté développer la maîtrise de la terre pour 20% et la maîtrise du ciel pour 80%.

Chacun demeure donc handicapé. Et si ces deux existants en viennent à s'unir, alors ils vont très vite reprocher à l'autre son handicap tout en prédatant chez lui de quoi combler leur propre handicap, et chacun sera dans la frustration et le ressentiment.

C'est pourquoi deux êtres qui se découvrent polaires se trouvent devant un défi aussi vertigineux qu'exaltant: si l'un deux remarque chez l'autre un handicap, au lieu d'agir sur lui ou elle par des manipulations psychologiques ou des reproches, il lui suffira - et c'est la magie du vrai amour - de travailler sur son propre handicap pour qu'automatiquement l'autre travaille lui ou elle aussi sur son propre handicap.

Exemple: dans le cas ci-dessus où monsieur est 80% terre et 20% ciel, s'il veut que sa compagne développe plus la terre (prendre soin de l'objet: s'embellir, travailler, être aimée), il lui faudra développer son propre manque de ciel (prendre soin du sujet: spiritualité, psycho-thérapie, aimer).

Admettons que, par des efforts personnels, il développe le ciel pour 10% supplémentaires, il arrive donc à 70% terre et 30% ciel alors que madame est restée à 20% terre et 80% ciel. Leur Moi réel commun devient donc composé de 90% terre et 110% ciel et ce Moi réel commun ne l'acceptera pas car il doit en permanence être équilibré à 100% terre et 100% ciel. Cela va donc créer un "mécontement divin", généré par leur Moi réel commun, chez madame qui va se trouver dans l'obligation, par les circonstances de sa vie, de développer au moins 10% de terre en plus, pour ré-ajuster leur Moi réel commun (ou vice-versa bien entendu, si madame développe la terre sans que monsieur développe chez lui le pourcentage de ciel correspondant).

Voilà, j'espère que ce n'est pas trop confus. Chaque couple polaire - ceux que Dieu a unis et qui sont une seule chair: un seul Moi réel - peut en tirer des méditations profitables, la plus importante étant celle-ci: ne pas travailler sur l'autre si on désire qu'il ou elle change, mais travailler sur ses propres manques, ce qui générera "par réflexe" une remise à niveau chez l'autre et qui profitera de toute façon aux deux, chacun de son côté.

In fine, quand chacun sera arrivé à plus ou moins 50% terre et 50% ciel, la rencontre aura lieu: chacun aura maîtrisé son corps "autant" que son esprit et chacun sera aimé de l'autre "autant" qu'il l'aimera. Et tous deux seront profondément heureux car équilibrés et leur bonheur rejaillira sur tout leur entourage. Et là on dit "Amen", car c'est tout de même Dieu qui désire tout cela ;)

En vous souhaitant de rencontrer votre autre polarité, "votre" bien-aimé ou bien-aimée... Il ou elle doit réaliser avec vous cette alchimie paradoxale qui fait que "les contraires [les polarités] s'attirent" mais en même temps "qui se ressemble s'assemble"...

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Madeleine 11/12/2013 18:29

(suite de Gnôsis)

"Le deuxième élément, subjectif, est la déformation de notre Personnalité due aux déviations conscientes ou inconscientes qu'elle a subies dans notre vie, ou plus exactement au cours de notre existence, par rapport au film initial; ces déformations rendent plus difficiles soit la reconnaissance même de l'être polaire, soit la volonté de tout mettre en oeuvre pour s'unir à lui. (...)

Tous les humains n'éprouvent pas le besoin impérieux de s'unir à leur être polaire. Les êtres qui vivent ancrés dans leur Personnalité, sans réfléchir intensément - et ils constituent la grande majorité de l'humanité - participent dans l'ensemble avec enthousiasme à la vie placée sous le régime des influences « A » et ne sentent pas vraiment le besoin de cette union. Pour eux, l'être polaire se situe sur le même plan que les autres. La Personnalité n'aperçoit en lui rien d'exceptionnel et si, par hasard, une impression extraordinaire est éprouvée, elle est plutôt ressentie comme quelque chose d'anormal et de gênant. Des situations particulièrement difficiles naissent de cette méconnaissance. On peut citer à cet égard celle des couples formés sous l'empire de la Loi de l'Accident, et dans lesquels les partenaires ont des aspirations opposées: l'un qui aspire aux influences « A » et l'autre à la recherche de la Voie. A la base de telles unions, on trouve souvent, à côté d'une double erreur de jugement, l'influence de tares karmiques lointaines ou récentes, par exemple, dans le cas d'un mariage de raison, ou d'une passion sans amour.

L'attitude la plus intelligente en l'occurrence est d'unir les efforts des deux conjoints pour dénouer la situation à leur bénéfice mutuel. Car, abandonnée à elle-même, la situation ne peut que s'aggraver. Une attention toute particulière doit être vouée aux enfants issus d'une telle union. Car ils souffrent. Tout doit être mis en oeuvre pour y remédier. En règle générale, on ne doit pas perdre de vue que, s'il est permis à l'être humain de s'offrir en sacrifice, il n'a pas le droit d'en accepter de la part d'autrui.

Toutefois, on peut dire qu'une évolution accélérée du héros du film le rapproche de son être polaire et, en même temps, éloigne automatiquement du film les Personnalités qui y sont entrées fortuitement. (...)

Pour pouvoir reconnaître son être polaire, l'homme doit mettre en jeu toute la force d'attention dont il est capable, et ceci sur tous les plans accessibles à sa conscience. En effet, à la suite de la déformation du film, la rencontre se produit toujours dans des circonstances et d'une manière inattendue, généralement à un moment et sous une forme qui ne ressemblent en rien à tout ce qu'on a pu imaginer.

La règle imposée est nette: pour reconnaître son être polaire, l'homme doit se connaître lui-même. Ceci est manifestement logique: pour reconnaître son alter ego, l'homme doit reconnaître d'abord son propre ego. Nous sommes ainsi ramenés une fois de plus au problème de la recherche de la Voie.

Il est vrai que le Moi du corps, comme le Moi de la Personnalité, aspirent tous deux à trouver chez un autre être une réponse parfaite. Cependant, c'est seulement en s'identifiant de plus en plus avec son Moi réel que l'homme aimante l'union avec l'être polaire.

C'est le coeur plein de foi, aiguisant en lui-même toutes ses facultés les plus fines d'intuitive attention, son sens d'analyse critique porté au plus haut point d'éveil, que l'homme partira à la recherche de l'être sans lequel il n'est pas véritablement. Comme le Trouvère d'autrefois, c'est en renouvelant l'exploit de l'Amour courtois qu'il pourra espérer retrouver et reconnaître la Dame de ses Pensées." (Gnôsis tome I)

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Madeleine 11/12/2013 18:27

(suite Gnôsis)

"Le système de film est conçu de sorte que les êtres polaires se rencontrent obligatoirement dans la vie, en certains cas plus d'une fois. Seulement, les liens hétérogènes contractés dans cette vie par chacun d'entre eux à la suite de mouvements libres, ainsi que les conséquences karmiques d'une ou des expériences antérieures, détournent l'homme, ou la femme, du seul être avec lequel ils peuvent former un Microcosmos.

S'il n'y avait pas de tare karmique, tout se passerait à merveille: deux êtres jeunes se rencontreraient dans l'ambiance familiale et sociale la plus favorable et leur union représenterait un véritable conte de fées. Or, telle n'est pas la réalité. Obéissant au principe d'Imperfection et mûs par l'action de la Loi Générale, les deux êtres prédestinés font des erreurs. Enfoncés dans le mensonge, ils ne savent généralement plus apprécier le don qui leur est fait, ni même se reconnaître.

S'il en est bien ainsi, une question angoissante se pose: existe-t-il un ou des moyens, et lesquels, de déceler notre être polaire ? Le rencontrer, ne pas le reconnaître ou le laisser passer est la pire erreur que nous puissions commettre car nous demeurons alors dans notre vie factice et sans lumière. Tout ne peut-il pas, ou même, ne doit-il pas être sacrifié en faveur d'une union qui est la seule chance de notre vie: la promesse d'un retour au paradis perdu ?

Gardons-nous cependant du dernier piège tendu au moment où le bonheur ineffable semble nous sourire. Nous venons de dire: tout doit être sacrifié; nous n'avons pas dit: tout doit être cassé. Si, après s'être reconnus, les deux êtres polaires triomphent de cette dernière épreuve, souvent la plus pénible, la vie nouvelle s'ouvrira devant eux, car ils sont alors appelés à n'être qu'Un sur la terre et dans les cieux.

Mais revenons à la question de savoir comment ne pas passer outre après avoir rencontré notre vrai alter ego, gage de bonheur et de salut. Il existe toute une série d'indices subjectifs et objectifs qui facilitent la reconnaissance de l'être polaire. Car la polarisation se manifeste sur tous les plans à la fois: sexuel, physique, psychique et spirituel. Deux éléments doivent être pris en considération.

Le premier est objectif. S'il est exact que l'homme et la femme prédestinés sont des êtres absolument polaires, cette polarité n'est pas simple du fait que physiquement, psychiquement et spirituellement, l'un et l'autre sont, dans une certaine mesure, des êtres hermaphrodites." (Gnôsis tome I)

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Ma remarque:

Je préfère le mot androgyne (psychologique) au mot hermaphrodite (physique). Autrement dit, des êtres polaires devront avoir conquis, déjà séparément, un minimum d'androgynat en chacun d'eux. Je suppose que c'est pour en arriver à 1+1=1 ce qui donnera un 1 ouvert sur le monde et pas 1/2+1/2=1 ce qui donnerait un 1 fermé sur le couple (fusionnel). On peut rappeler que, selon Mouravieff, le retour à l'unité parfaite "est l'apanage de ceux qui ont franchi ou sont prêts à franchir le deuxième Seuil de la Voie", ce qui témoigne d'un travail conséquent à faire chacun en solo avant la rencontre.

In fine, l'union d'une femme qui s'est faite homme (androgyne Christ) et d'un homme qui s'est fait femme (androgyne Sophia) manifestera l'androgynat originel de Christ Sophia. On pourra compléter ceci avec l'excellent article ci-dessous:

http://www.moncelon.com/davypuer.htm

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Madeleine 11/12/2013 18:24

Une explication qui vaut ce qu'elle vaut: je suppose que c'est parce que, plus on "fait la lumière" sur soi, plus cette lumière va rejoindre - se dissoudre dans - la grande lumière universelle ?

Ce qui nous différencierait les uns des autres ne serait alors que nos propres ténèbres, nos ombres et nos inconscients...

Madeleine 11/12/2013 18:23

Merci Olivier, encore un beau lien que je vais lire ;)

De ma propre expérience, je dirais que, plus on se connaît soi-même, donc plus on se conscientise, et plus, paradoxalement, on disparaît. Je ne sais pas si c'est très clair, exprimé ainsi...

Je veux dire que la disparition de notre égo, au profit du Soi, est proportionnelle à ce que l'on apprend sur notre égo. Donc plus on apprend sur soi, plus paradoxalement on devient impersonnel, universel! Et je pense très profondément que c'est pour ça que les gens plongent en masse sur des religions qui les éloignent de la connaissance d'eux-mêmes, parce qu'ils sentent inconsciemment que, s'ils se connaissaient, ils disparaîtraient.

Maintenant ce qu'ils ignorent, c'est que plus on s'efface, plus Dieu nous redessine...

Madeleine 11/12/2013 18:22

Commentaire d'Olivier (copié-collé tel quel):

Cette réflexion m'a fait penser au "Connais-toi toi-même" de Socrate .

Difficile de se connaître ...sous tous les aspects . Le bouddhisme dira que le "Moi" est une illusion ,qu'il est impermanent ,en continuel changement .

Saisir le " Soi" , en avoir conscience , pas évident !

http://www.asmp.fr/travaux/gpw/philosc/rapport3/12lazorthes.pdf

Madeleine 11/12/2013 18:21

Note préliminaire: dans l'extrait repris dans l'article, les mots en italique sont de Mouravieff lui-même. Dans les extraits qui suivent, je n'ai pas fait ce travail: impossible désormais de poster des caractères italiques dans les commentaires. Mais les paragraphes sont respectés, ainsi que les majuscules à certains mots et la ponctuation.

Les extraits proviennent des trois tomes de "Gnôsis" avec l'indication du tome concerné. Je note les citations qui me semblent importantes dans l'ordre des trois tomes pour respecter la progression voulue par l'auteur.

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"Dans le Cycle du Père et dans celui du Fils, l'homme s'identifiant avec le Moi d'une Personnalité non développée, s'isole ainsi de son Moi réel et vit hors du sein du Seigneur. Autrement dit, il demeure dans l'état de chute, conséquence du péché originel. Il y prend l'Illusion pour le Réel. Cette identification avec le Moi de la Personnalité a scindé pour des millénaires l'unité de la conscience autrefois indissoluble des êtres polaires, homme et femme, qui formaient à deux un seul Etre, muni de la conscience unique du Soi réel, Etre dépeint dans le mythe de l'Androgyne.

Le Moi de la Personnalité, incomplet, inachevé, impuissant, erre dans la vie sans foi ni affection vraie, va d'erreur en erreur, de faiblesse en faiblesse, de mensonge en mensonge. Prisonnier - peut-être volontaire, mais cependant prisonnier -, l'homme ne fait pas dans la vie ce qu'il veut mais ce qu'il hait, obéissant aveuglément à la mécanique diabolique qui, sous ses trois aspects: peur, faim et sexualité, régit sa vie. Cette existence purement factice n'a de réel que la possibilité d'évolution qui y demeure cachée et qui fait l'objet des études et des travaux ésotériques. En dehors de cette semence, tout se base dans la vie extérieure sur le mensonge. Or, rien de mensonger ne pourra résister à l'atmosphère vivifiante des nouveaux cieux et de la nouvelle terre annoncés pour l'ère qui vient. Avant tout disparaîtra le mensonge qui préside aux relations entre l'homme et la femme, et dont la forme la moins condamnable est l'Illusion.

Si la solitude des êtres polaires, désunis par la chute, conséquence directe de leur identification avec le Moi de la Personnalité, est la source de la faiblesse des humains devenus mortels, le retour de l'Unité apparaît comme une source inépuisable d'énergies nouvelles. Energies nécessaires à l'homme et qu'il doit rechercher pour tenter de rétablir l'équilibre dangereusement rompu de la vie publique et privée d'aujourd'hui.

Ce retour à l'unité parfaite des êtres polaires ne se fait cependant pas gratuitement. Il est l'apanage de ceux qui ont franchi ou sont prêts à franchir le deuxième Seuil de la Voie. C'est dans la réalisation d'une unité totale indissoluble de leur Moi réel par deux Individualités polaires parvenues à la deuxième Naissance que peut et doit être racheté le péché originel. C'est la solution du problème de la vie privée et, en même temps, de celui de la vie publique. Et c'est la paix du Seigneur.

Qu'est le Moi réel, Ame de notre âme, noyau de l'individualité, si ce n'est une étincelle divine, parcelle du corps du Christ ? C'est ainsi qu'il faut comprendre le sens du texte de saint Paul: "dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme." Et encore: "car, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu." (Gnôsis tome I)

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Présentation

Introduction

 

"C'est moi la Fiancée, et
le Fiancé c'est mon mari
qui m'a engendrée; c'est
moi la mère de mon père
et la soeur de mon mari
et c'est lui mon rejeton."

Le Tonnerre

 

Nag Hammadi


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