"Libre, elle donne tout parce
que le Père lui a tout confié."

La vie unitive

 

 

commentaires

Madeleine 20/07/2014 18:15

Jésus gnostique prouve aussi, avec l'important verset 8:44 de l'évangile selon Jean, que "son Père" n'est pas YHWH ou Yahvé, le dieu des Juifs, puisqu'il traite ce dernier
de "diable":

"Vous avez pour père le diable. Il était homicide dès le commencement..."

Pourquoi Jésus dit-il cela ? Parce qu'effectivement, c'est Yahvé qui a tué l'Anthropos, l'homme immortel, en le rendant mortel (= limité dans sa durée de vie):

"Yahvé dit: Que mon esprit ne soit pas indéfiniment responsable de l'homme, puisqu'il est chair; sa vie ne sera que de 120 ans." (Genèse 6:3)

Mais Jésus fait peut-être aussi allusion au crime de Yahvé envers l'humanité, juste avant le Déluge:

"Et Yahvé dit: Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j'ai créés - et avec
les hommes, les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel -, car je me repens de
les avoir faits." (Genèse 6:7)

*******

J'ajouterai que tout le monde s'extasie sur Jésus parce qu'il a refusé d'être tenté par Satan dans le désert. Mais personne ne semble remarquer que Yahvé s'est laissé tenter par Satan, dans l'épisode de Job...

*******

Madeleine 22/07/2014 18:59

Pourquoi prends-tu la défense de Yahvé, Olivier ? C'est incroyable, ce conditionnement permanent chez les chrétiens. Est-ce la peur que le ciel vous tombe sur la tête ?

Prends par exemple l'épisode du serpent d'airain. Les Juifs ont quitté l'Egypte et meurent de faim dans le désert. Alors ils se plaignent de Yahvé et de Moïse. Et Yahvé, que fait-il ? Alors qu'il a, lui-même, donné comme commandement de ne pas se venger contre son propre peuple ?

Il envoie des serpents brûlants qui TUENT un grand nombre de Juifs.
Son propre peuple, soi-disant son peuple élu. Voir Nombres 21:6.
Juste parce qu'ils ont râlé, dans la souffrance en plus.

A méditer (entre autres crimes de Yahvé, sans parler de Job)...

Et Jésus ne parle PAS de Yahvé, nombre de gnostiques l'ont compris.

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Olivier 21/07/2014 15:57

".....Mais Jésus fait peut-être aussi allusion au crime de Yahvé envers l'humanité, juste avant le Déluge:..."
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Il est vrai que le Dieu de la Bible ( Yavhé) est violent ....à l'image de l'homme .On assiste à une projection des caractéristiques humaines dans l'image de Dieu .
L'homme a créé Dieu à son image !
Qu'il suffise de relire les conquêtes cruelles de Josué ( qui sont en réalité celles du roi Josias) pour occuper la Terre promise en exterminant au nom du "Dieu" Unique
!
Jésus parle de son Père ,une façon d'éviter cette référence à Yavhé .mais de mettre en lumière un Dieu d'amour et de tendresse .
Evidemment ,on peut dire que la référence à un "Père" est aussi suspecte ou fragile car tous les pères ne sont pas bons ! Que de pères indignes et violents !
J'opterais pour n'utiliser aucun nom ou alors sous forme d'image : Source, Paix, Transcendance , l'Autre, Harmonie etc . A chacun la sienne pour signifier une réalité qui nous dépasse .

Madeleine 15/07/2014 09:33

A propos du Père, il y a encore une traduction de Jean à rectifier. Cela se trouve en Jean 10:29 où la traduction commune donne: "Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout..."

En grec, sans article, le superlatif est absolu: "très grand". Précédé de l'article, il devient relatif: "le plus grand". Mais quand il est attribut - ce qui est le cas ici - alors le superlatif relatif ne prend pas d'article. Donc la traduction exacte est:

"Mon Père, qui m'a donné, est LE plus grand de tous."

Sous-entendu: mon Père est le plus grand de tous les dieux.
Sous-entendu: il y a d'autres dieux mais mon Père est le plus grand.

On a donc encore ici une vision gnostique dans les propos de Jésus.

Ma traduction du verset entier:

"Mon Père, qui m'a donné, est le plus grand de tous, et nul n'est assez puissant pour voler hors de la main de mon Père."

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Madeleine 16/07/2014 17:03

Si le démiurge est le créateur du monde, alors ce que tu décris là serait un peu analogue à la "matrice" du film Matrix: une sorte de programme invisible qui cohère (colle) les atomes entre eux, suivant des schémas pré-définis, mathématiques. Et arriver à "voir" ce programme invisible reviendrait à ne plus voir les contours des objets, tout comme Néo le fait à la fin du premier Matrix, ou comme certains "illuminés" en témoignent...

Le débat sur le sujet est vaste! Mais, en toutes choses, je trouve qu'il faudrait regarder la "finalité". Et la finalité de la vie manifestée, de la vie créée, c'est tout simplement la mort, pour tout et pour tous! On mange pour ne pas mourir de faim, on boit pour ne pas mourir déshydraté, on dort pour ne pas mourir de fatigue, on rêve pour ne pas mourir fou, on va au petit coin pour ne pas mourir constipé, on s'occupe pour ne pas mourir d'ennui, on s'unit pour ne pas mourir de solitude...

Jésus nous parle d'un monde qui est immortel, qui est "au-dessus" de ce monde mortel et mortifère créé par le démiurge. Un monde où on ne mourra jamais, il l'a garanti: "Et quiconque vit, et croit en moi, ne mourra point, à jamais." (Jean 11:26)

Il a montré la voie (Actes 1:9-11), et il ne faut pas beaucoup d'imagination pour penser à une abduction. Suivie d'une possible régénération de notre ADN, pourquoi pas ? On peut le croire et enfin "souffler" et s'amuser de vivre autant qu'on le peut, ou penser qu'il fabule et traîner le boulet de la mort avec soi. A chacun de méditer là-dessus...

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Pour revenir à un Jésus gnostique qui croit en un Père suprême "autre"
que YHWH (Yahvé) le père des Juifs:

Jésus dit en Jean 5:22: "Le Père ne juge personne."

Or Yahvé juge à tour de bras, tout au long de la Bible:

"Je suis Yahvé et je vous soustrairai aux corvées des Egyptiens; je vous délivrerai de leur servitude et je vous rachèterai à bras étendu et par de grands jugements." (Exode 6:6)

"C'est lui Yahvé notre Dieu; sur toute la terre ses jugements!"
(1 Chroniques 16:14)

Donc ou bien Jésus n'a pas lu la Bible, ou bien il parle d'un autre Dieu.

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De plus, Jésus serait dans une contradiction flagrante - et ridicule - s'il parlait ci-dessous de Yahvé:

"En vérité, en vérité, je vous dis: Moïse ne vous a pas donné le pain qui vient du ciel, mais mon Père vous donne le véritable pain qui vient du ciel. Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde." (Jean 6:32)

Si Jésus parlait de Yahvé, cela donnerait cette invraisemblance:

"En vérité, en vérité, je vous dis: Moïse ne vous a pas donné le pain qui vient du ciel, mais Yahvé vous donne le véritable pain qui vient du ciel. Car le pain de Yahvé est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde."

Et Jésus enfonce le clou, en Jean 6:49:

"Vos pères ont mangé la manne du désert, et sont morts."

Or il suffit de lire Exode 16:11-15 pour voir que la manne venait de Yahvé.

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Olivier 16/07/2014 15:21

"...- la croyance en deux dieux: un démiurge créateur + un Dieu suprême."
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Le démiurge serait ce que les scientifiques ont appelé avec un peu d'humour " la particule Dieu" .

"..Pour vulgariser, certains physiciens décrivent les bosons de Higgs comme une sorte de "ciment", une colle pour toutes les "briques" de l’univers : "c’est la masse primordiale, détaille le physicien Michel Davier sur CanalAcademie.com, la masse des particules qui constituent toutes les autres particules que nous connaissons"."
------------------------------------------
" Tant que les scientifiques ne seront pas remontés au big-bang lui-même voire à ce qui l’aurait précédé, il est à parier que les religions se satisferont de leurs propres explications sur la création de l’univers"
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http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/le-boson-de-higgs-a-t-il-revele-l-existence-de-dieu-10-07-2012-2627_118.php

Madeleine 15/07/2014 23:59

Merci pour cette info et ce lien, Olivier!

André Paul, je connais ses recherches depuis un moment. Il a notamment supposé que Jésus ait pu être un hérodien (personnellement je l'affirme dans mon article "Jésus Hérode Simon"). Enfin, c'est assez confus mais c'est ce qui ressort d'une critique - très pénible à lire - d'un juif à son sujet:

"Le christianisme a pour fondateur le Galiléen Jésus de Nazareth, dont, chronologiquement et à très peu d'années près, la vie correspond au règne d'Hérode Antipas […] La personne et la figure de Jésus de Nazareth doivent donc être perçues et représentées comme culturellement contemporaines, ce qui veut dire hérodiennes."

Recherche (dispensable) sur "Hérode-Messie"

*******

Pour revenir à un "Jésus gnostique", quand on lit sans oeillères l'évangile selon Jean, il n'y a aucun doute à avoir là-dessus, selon moi. Quand on lit sans oeillères et quand on traduit sans trahir, je précise...

Il faudrait aussi s'entendre sur le terme "gnostique", avant tout!

Selon moi, un gnostique croit en deux choses principalement:

- le Salut par la Connaissance (Gnose) et non par une Loi ou un dogme.
- la croyance en deux dieux: un démiurge créateur + un Dieu suprême.

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Olivier 15/07/2014 17:18

"...
Sous-entendu: mon Père est le plus grand de tous les dieux.
Sous-entendu: il y a d'autres dieux mais mon Père est le plus grand.

On a donc encore ici une vision gnostique dans les propos de Jésus."
--------------------------------------------------------------------------

Lors d'une interview , "Actu philosophia " pose à André Paul la question de savoir si Jésus était gnostique ou pas .

La réponse me semble un peu vague .
"...u-Philosophia : Mais le Christ lui-même, peut-on penser qu’il ait été gnostique ?

André Paul : Je ne peux pas dire non. Mais pour vous dire oui, je ne dispose pas d’indices directs, puisque ce que l’on sait de lui passe par le canal littéraire. Dans leur forme élaborée de biographies à l’antique, la composition vraiment littéraire des Évangiles, à mon sens, n’a pas été achevée avant les années 100, 110 voire 120."

"...Mais pour autant, sous réserve de bien comprendre et interpréter les récits d’expériences mystiques comme la vision post-baptismale, les tentations au désert, la transfiguration et la rencontre du Christ ressuscité, je suis convaincu que ces textes canoniques disent globalement vrai."....

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http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article111

Madeleine 09/07/2014 09:56

"Être uni à Dieu, c'est vivre par delà le temps et l'espace, tous les temps et tous les espaces; c'est avoir subi sans mourir l'horreur indicible du Néant; c'est soutenir la vue de Dieu sans que cette fulguration nous volatilise.

Être uni à Dieu ne peut se faire sans que tout ce qu'il y a de naturel en l'homme ait été purifié, régénéré, recréé, que tous nos corps et nos fluides et nos intelligences aient été lavés de toute trace du mal.

Être uni à Dieu exige qu'on n'ignore plus rien des choses de la terre, des secrets du zodiaque et des mystères des constellations; qu'on ait expérimenté toutes les formes de l'existence, que toutes les joies, même les plus augustes, aient perdu leur saveur,
et toutes les souffrances, leur âpreté.

Être uni à Dieu, c'est savoir aimer, c'est-à-dire savoir s'oublier, constamment, partout, spontanément; c'est ne plus connaître la crainte de se perdre; c'est ne plus pouvoir se troubler.

Être uni à Dieu, c'est ne plus rien désirer, ni la beauté des archanges, ni la vie glorieuse des dieux, ni la vie abstraite des puissances transcendantes.

Être uni à Dieu, c'est se sentir un néant; c'est s'être travaillé si à fond, c'est être recuit
au feu de tant d'épreuves qu'en nous il ne reste plus rien qui soit nous. C'est avoir si longtemps traîné nos chaînes qu'elles se soient usées, qu'elles tombent de nos chevilles. C'est être capable de recevoir la Liberté.

Être uni à Dieu, c'est pouvoir distinguer Jésus sous tous les vêtements, sous les plus splendides et sous les plus vils. C'est avoir reconquis l'innocence primitive, si bien que nulle humble bête de la terre ne s'effarouche plus à notre aspect et que nul formidable démiurge ne nous fasse plus trembler.

Cependant quiconque accomplit l'une des sept perfections possède les six autres.

...

Il faut ici poser la plume et se tenir dans le silence. Ici s'élève seul le chant toujours neuf de l'Amour, ici ses ailes se déploient librement, il répand avec une abondance plénière tout son sang, il enflamme l'Univers du zénith au nadir, il lui verse sa splendeur omnipénétrante, il comble tous les abîmes, il réalise tous les impossibles.

Ici la créature a payé sa dette aux pierres, aux plantes, aux animaux, aux instincts, aux passions, aux idées, aux hommes, aux patries, aux religions, aux démons, aux esprits et aux dieux. Elle est libre. Libre, elle peut s'envoler d'Aldébaran à Antarès, de Neptune
à la Lune, du Ciel à l'Enfer. Libre, elle peut s'entretenir avec tous les êtres, se réjouir de toutes les beautés, s'enrichir de tous les trésors. Mais libre, elle donne tout parce que le Père lui a tout confié. Elle est plus forte que les dieux, plus splendide que les anges; elle est l'Homme.

Et, dans le suprême effort de toutes ses puissances intégralement reconquises, elle offre au Père cette liberté précieuse, au Père qui l'a aidée, par le moyen du Fils, à parfaire lentement le long des siècles le grand œuvre intégral. Elle se charge librement des chaînes bénies de l'Amour. Elle peut tout; mais elle ne fera plus un geste sans en demander la permission à son Seigneur. Tous les secrets lui sont ouverts; mais elle n'interrogera plus jamais que pour les besoins de sa mission. Toutes les portes tombent devant elle; mais à chaque gardien elle paiera quand même le prix de son passage."

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/sedir/VoieMyst1/delaviec.html

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Madeleine 14/07/2014 10:34

Olivier écrit: "A cet Absolu ,il n'est pas nécessaire de donner un nom : le nom ne pourrait que le trahir ,le déformer ou d'en faire une idole ."

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C'est certainement pour ça que Jésus emploiera plus volontiers le terme "Père" qui est une fonction et pas un nom.

Jean précisera même "son propre Père" (Patera idion) pour bien le différencier de Yahvé, le père des Juifs:

"... mais aussi il appelait son propre Père Dieu, se faisant lui-même égal à Dieu." (Jean 5:18)

En Jean 5:17, Jésus dit d'ailleurs "mon" Père (le Père de moi) et pas "notre" Père, en parlant aux Juifs.

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Olivier 12/07/2014 21:32

J'ai apprécié cet extrait :

" C'est pour cela qu'il faut ici poser la plume et se tenir dans le silence. Ici s'élève seul le chant toujours neuf de l'Amour, ici ses ailes se déploient librement, il répand avec une abondance plénière tout son sang, il enflamme l'Univers du zénith au nadir, il lui verse sa splendeur omnipénétrante, il comble tous les abîmes, il réalise tous les impossibles. "

Après avoir marché pas à pas à l'aide de nos facultés physiques , mentales intellectuelles , il convient de les laisser "inactives" afin de s'abandonner à l'Absolu , la Transcendance , Dieu . A cet Absolu ,il n'est pas nécessaire de donner un nom : le nom ne pourrait que le trahir ,le déformer ou d'en faire une idole .

Présentation

Introduction

 

"C'est moi la Fiancée, et
le Fiancé c'est mon mari
qui m'a engendrée; c'est
moi la mère de mon père
et la soeur de mon mari
et c'est lui mon rejeton."

Le Tonnerre

 

Nag Hammadi


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