La grotte de Madeleine

 

 

 

 

 

 

"C'est là ce que j'annonce, moi qui, poussée
par l'aiguillon divin, ai quitté les grandes
murailles babyloniennes de l'Assyrie.
"

Le monothéisme sibyllin

 

 

 

 

"Ce sont ici les oracles du Grand Dieu, de Celui que les mains des hommes n'ont pas fabriqué, et qui ne ressemble pas aux muettes images taillées dans la pierre. Il n'a pas pour demeure la pierre façonnée en temple, pierre sourde, sans voix, source de mille maux pour les mortels. Il est Celui qu'on ne peut voir de la terre, que l'œil des mortels ne peut mesurer, que leur main ne peut revêtir d'une forme; Celui qui d'un seul regard voit tout et que nul ne voit lui-même; Celui auquel appartiennent la nuit obscure, le jour, le soleil, les astres, la lune, la mer poissonneuse, la terre, les fleuves, les sources intarissables, les êtres créés pour la vie, et les pluies qui produisent la moisson dans les guérets et les fruits sur les arbres, le raisin et l'olive.

Heureux seront sur la terre ceux des hommes qui aimeront le Grand Dieu, qui prieront avant de manger et de boire, et pratiqueront la piété, qui protesteront à la vue de tous les temples, à la vue des autels, vains amas de sourdes pierres, à la vue des images de bois et des figures fabriquées par la main des hommes, objets souillés du sang des êtres vivants et des quadrupèdes immolés!

Quand sera venue l'heure du jugement du monde et des mortels, jugement que Dieu lui-même accomplira, et qui, atteignant les impies et les hommes pieux, précipitera les impies dans les ténèbres et leur fera connaître toute l’étendue de leur impiété, alors les hommes pieux habiteront une campagne fertile, et l'Esprit de Dieu leur donnera et la vie et le bonheur."

(note du traducteur: "le bonheur des justes nous est présenté comme opérant de l'un à l'autre une sorte de rayonnement, qui multiplie la félicité de chacun d'eux par les joies de tous les autres. C'est une pensée très délicate, digne d'être relevée.")

 

Philon: Les chants de la Sibylle, Livre IV

 

 

commentaires

Madeleine 12/11/2012 16:42


"Le caractère chrétien du poème ne nous est pas démontré; il paraît appartenir à une sphère dans laquelle les espérances eschatologiques et la haine de la domination païenne [de "toute"
idolâtrie, ce qui englobe bien plus que les païens. Note de Madeleine] constituaient l'essence de la religion, et cette sphère, à n'en pas douter, était située tout juste sur un terrain
neutre et mitoyen, entre la synagogue et l'église. M. Vernes demande avec raison où se trouve cet étrange terrain mitoyen."

Moines et sibylles, page 394

Pourquoi ces soi-disant érudits ne comprennent-ils pas que "cet étrange terrain" se trouve chez les gnostiques, ceux-ci ayant d'abord été des juifs et des juives qui ont fait un schisme d'avec le
judaïsme mais qui, au contraire d'autres schismatiques, n'avaient aucune préoccupation messianique ?

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Madeleine 12/11/2012 00:24


Lu quelque part:

"Le but de l'auteur est de souligner comment la Sibylle hébraïque a réussi à se dissimuler sous un manteau grec ancien au point de tromper absolument l'immense majorité de ses lecteurs, ce
qui constitue évidemment un chef-d'oeuvre de syncrétisme et un tour de force réalisé avec une merveilleuse adresse par un juif parfaitement imprégné de la culture grecque."

C'est quand même inouï que, même dans les commentaires contemporains, on n'imagine pas un seul instant que la plume qui a fait parler la Sibylle hébraïque ait pu être celle d'une juive,
et non d'un juif. Encore aujourd'hui, les femmes sont reléguées aux casseroles, alors qu'il n'y
a qu'un esprit féminin qui puisse porter l'Esprit masculin, Dieu, quand le prophète masculin est "l'homme du Mensonge".

Il ne vient pas non plus à l'esprit de ces commentateurs l'évidence qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre la phrase: "J'ai quitté les grandes murailles babyloniennes de l'Assyrie". Cette
annonce indique une conversion, et pas un déplacement ou une origine géographique. Le culte d'Ishtar était bien implanté à Jérusalem, son temple se trouvait sur une colline du Mont des
Oliviers où, comme par hasard, "Jésus" aime prêcher (c'est même là exactement qu'est prédite la chute du Temple, une prophétie qui conviendrait parfaitement à la Sibylle hébraïque, elle qui prône
de protester contre les autels et les temples), et Béthanie/Bethany en contrebas est la "maison d'Anu". Et la Samarie où s'exprimaient Jean, Dosithée et Simon, les gnostiques, était, comme on le
sait, la terre qui avait été colonisée par les assyriens. Il s'y trouvait d'ailleurs un temple à Baal (qui veut simplement dire Seigneur), près de Sichem.

De la spiritualité sumérienne à la spiritualité gnostique, il y a donc bien plus qu'un soupçon de filiation! Les Anunnaki deviennent les archontes, l'Eau de Vie qui ressuscite Ishtar devient
l'Eau Vive dont parle "Jésus" à la Samaritaine (Jean 4), etc. La seule différence se situant dans le rejet, par les gnostiques, de toute adoration d'images (puisque l'image/le manifesté est le
cadavre).

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Présentation

Introduction

 

"C'est moi la Fiancée, et
le Fiancé c'est mon mari
qui m'a engendrée; c'est
moi la mère de mon père
et la soeur de mon mari
et c'est lui mon rejeton."

Le Tonnerre

 

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