"Maintenant tu délies ton esclave"

Evangile de Luc 2:29

 

 

 

 

"Vous déclarerez sainte cette cinquantième année et proclamerez l'affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubilé: chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan."

 

Lévitique 25

 

 

 

"Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville."

Evangile de Luc 2:3

 

 

 

"La dimension eschatologique du jubilé n'a pas échappé, d'ailleurs, à ceux dont l'espérance en un jugement final était ravivée par la rigueur des temps. C'est ainsi que l'on attendait, à Qumran, le dixième et dernier jubilé, le grand jubilé eschatologique, celui où le Seigneur allait enfin accomplir l'expiation définitive et libérer les « fils de lumière » du pouvoir des « fils de ténèbres ». Deux textes ont contribué à cette relecture: l'oracle d'Is 61:1-3 où un mystérieux personnage reçoit l'onction pour annoncer « une année de faveur du Seigneur » et proclamer la libération des captifs; Dn 9:25 où, à la fin d'une période de « soixante-dix septénaires » (490 ans, soit dix périodes jubilaires), un « saint des saints » doit recevoir l'onction.

Dans le Nouveau Testament, Jésus a-t-il conçu son propre ministère comme l'annonce de ce grand jubilé eschatologique ? Ce n'est pas impossible, si l'on en croit l'épisode de la synagogue de Nazareth en Lc 4:16-21 où le Christ s'applique à lui-même l'oracle d'Is 61. Mais il le conçoit avant tout comme l'annonce d'une ère de pardon, celle où le Seigneur remet les dettes de notre péché, comme nous-mêmes sommes invités à remettre à nos débiteurs. Très souvent dans l'évangile, en effet, les dettes humaines sont le symbole de la dette du péché remise par Dieu."

 

 

 

 

 

 

"En nous obtenant par son sang la remise des péchés (Mt 26:28), Jésus réalise la purification définitive dont le Yom Kippour était déjà la figure (cf. He 10:11-13). Il nous libère ainsi de la servitude la plus profonde. Il nous ouvre, par là, le chemin de la nouvelle terre promise: le royaume de Dieu. Il nous invite également à remettre inlassablement les dettes que d'autres ont contractées auprès de nous. (...) En grec, c'est la même racine qui désigne à la fois le jubilé, la libération et la remise des dettes ou des péchés."

 

Rédemption et rachat

 

 

 

 

 

 

"Anne parlait de Dieu à tous ceux qui dans Jérusalem attendaient que leur soit appliquée la loi sur le rachat; par ce mot peut-être convient-il d'entendre la libération définitive des esclaves: un israélite vendu comme esclave à un étranger pouvait obtenir un rachat de l'un de ses frères israélites (Lv 25:48-49); celui-ci le gardait à son propre service jusqu'en l'année jubilaire, et c'est alors qu'il redevenait totalement libre. Le rachat définitif était considéré comme une oeuvre accomplie par Dieu. On rejoindrait ici le v.68 du cantique de Zacharie. Une autre forme de rachat était aussi demandée aux Israélites lors des recensements par l'acquittement d'une taxe; on avait à racheter sa vie (Ex 30:12). Il y aurait là deux allusions à un recensement fait selon les coutumes hébraïques."

 

Annotations sur Luc 2

 

 

commentaires

Madeleine 22/09/2012 16:20


Dans les Antiquités Judaïques, Livre 13 VI-7 de Flavius Josèphe, on trouve ce passage éloquent: "Simon, nommé grand-prêtre par le peuple, délivra les Juifs, dès la première année de sa
grande-prêtrise, de la servitude des Macédoniens et de l'obligation de leur payer des tributs."

"Délivrer d'une servitude" est bien pleinement le sens de Yovel.
Et la première année de la grande-prêtrise de Simon fut bien l'année 142 BC.

3 x 49 ans plus tard, nous sommes en l'an 6 et le Messie - l'Agneau, le fils premier-né de Mariamne ou Marie-Madeleine -, par son sacrifice non pas donné mais pris, imposé, est sensé délivrer une
communauté de ses péchés envers Dieu. Cette communauté est la communauté de la Nouvelle Alliance: Qumrân, les Fils de Sadoq, des intégristes
juifs, les Justes (dont sera Jacques le bien-aimé, frère cadet de l'Agneau). Les chrétiens, encore aujourd'hui, ânonnent à la messe sans savoir ce qu'ils disent: "Le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. Vous ferez cela en mémoire de moi". Et on peut aussi
lire l'éloquente épître aux Hébreux.

La question qui se pose: est-ce qu'un bébé de huit jours peut parler et "donner" sa vie pour les péchés ? Et est-ce que ces péchés ont cessé, à partir de ce Yom Kippour de l'an 6 ?

"Je ne suis pas venu abolir mais accomplir" dit le personnage Jésus, parlant pour l'Agneau.

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Madeleine 21/09/2012 23:49


Si on remonte à x multiples de 49 ans avant cette année que j'affirme personnellement être une année "jubilaire": l'an 6 de l'ère chrétienne, on trouve en l'an 142 BC les événements ci-dessous
(qui se passent de commentaires pour une année jubilaire où il s'agit de "délier les esclaves"):

An 142 avant JC

Ps: si vous utilisez cette info inédite, merci de citer cette source (mon blog) même si elle n'est pas sous copyright.

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Madeleine 20/02/2012 11:38


Notes additionnelles:

Bien entendu il s'agit officiellement, en cette année 3766 ou 6 AD, du recensement organisé par Quirinius, gouverneur de Syrie, et pas forcément d'un jubilé juif comme proposé ici. Mais
l'empereur du moment est Auguste, surnommé "le bon" par les juifs. Il a très certainement voulu organiser ce recensement au moment précis d'un jubilé juif, pour faire d'une pierre deux coups, vu
les déplacements parfois coûteux et fastidieux qu'exigeaient ces retours des chefs de famille dans leurs villes natales. Vu aussi les risques qu'ils prenaient à laisser les troupeaux et les
maisons - surtout les récoltes engrangées pour tenir deux années de jachère consécutives - avec une surveillance réduite, pendant ces déplacements obligatoires. Et puis, pour Rome, c'était une
solution aussi diplomatique que pratique et économique que de jumeler les deux recensements.

De toutes façons, l'année 6-7 a une chance sur sept d'être une année jubilaire, puisque l'année 5-6 est une année sabbatique: on peut le déduire des Antiquités Judaïques, Livre 14, XVI-2 où il
est mentionné que, 42 ans plus tôt, l'année 38-37 était une année sabbatique (il n'y a pas d'année zéro). Et il y a aussi de fortes chances que l'année 6 soit une année jubilaire vu les
événements exceptionnels qui s'y dérouleront, notamment la création de la secte de Judas le Galiléen qui a pu vouloir profiter de cette remise à zéro des comptes avec Dieu.

Préciser enfin que l'année jubilaire est l'année qui "suit" 7 semaines d'années, donc la 50e et non la 49e comme certains le pensent (alors qu'il est bien précisé: "vous déclarerez sainte la
cinquantième année"). L'année jubilaire revient tous les 49 ans et non tous les 50 ans car un jubilé compte 49 ans et non 50. L'année jubilaire, la 50e, est donc en même temps la première des 49
années suivantes. Si l'année 6 était bien une année jubilaire, la prochaine sera 2015-2016 (2014-2015 sera de toutes façons une année sabbatique).


 

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le Fiancé c'est mon mari
qui m'a engendrée; c'est
moi la mère de mon père
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