"Et le Verbe devint chair et habita
en nous, tout de grâce et de vérité.

Car, de sa plénitude, nous tous
reçûmes, et grâce pour grâce."


Jean 1:14-16

 

commentaires

Madeleine 09/10/2016 08:42

''L'âme qui détient le Logos (...) a mangé au banquet dont elle était affamée,
elle a goûté à une nourriture immortelle.'' (Authentikos Logos, NH VI-3)

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''Le Logos devint chair'' = le Logos devint une chair à manger.
Le texte ne dit pas que le Logos prit chair, mais qu'il devint chair.

Sarx (chair, aliment) n'est pas sôma (corps, cadavre).
Et le quatrième évangile fait bien la différence :

- sarx en Jean 1:14, Jean 6:51-56.
- sôma en Jean 2:21, Jean 19:38.

Ce n'est donc pas une incarnation en Jésus, c'est une allégorie.
Cela signifie que le Logos devint un aliment, une chair, un pain.

''Si vous ne mangez la chair du fils de l'homme et ne buvez son sang,
vous n'avez pas la vie en vous-mêmes.'' (Jean 6:53)

Le Fils de l'Homme n'est-il pas le Logos ? L'Homme étant l'Esprit Saint :

''Elle est la Mère-Père, l'Homme primordial, l'Esprit Saint, le triple mâle, la triple puissance, le triple nom androgyne, l'Eon éternel parmi les éons invisibles et la première à être sortie.'' (Livre des secrets de Jean, NH II-1)

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Madeleine 06/10/2016 11:46

Note préliminaire :

A voir l'article, on pourrait penser que je confonds Esprit Saint et Logos. Mais il n'en est rien et je fais une différence fondamentale entre :

- l'Esprit Saint qui est la Mère
- le Logos (ou Monogène ou Christ) qui est le Fils du Père par la Mère

Etre baptisé ''de'' l'Esprit Saint ou ''dans'' l'Esprit Saint ne signifie pas recevoir l'Esprit Saint, comme Luc et les tardifs (Actes, Paul, etc) l'ont trop souvent suggéré.

L'Esprit Saint inspire et baptise (ou oint) un humain mais ne vient pas ''en personne'' ici-bas. C'est le Logos que l'on reçoit.

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Faire cette confusion serait comme faire une confusion entre l'océan et une goutte d'eau de l'océan. Si on reçoit une goutte d'eau salée sur la joue, c'est parce que l'océan l'a projetée, mais ce n'est pas l'océan que l'on reçoit sur la joue. Par contre, la goutte d'eau salée est de même ''nature'' que l'océan, consubstantielle.

L'océan = de l'eau (Sanctuaire ou Mère) + du sel (Esprit ou Père)
L'océan = le Sanctuaire de l'Esprit = l'Agion du Pneuma = l'Esprit Saint

L'ensemble des gouttes d'eau salée = le Logos ou Christ = le Fils unique

Les disciples reçurent donc des ''gouttes d'eau salée'' (= eau lumineuse, eau vive, pneuma igné) projetées vers eux par l'Esprit Saint, et c'est ce qui est décrit sous la forme de langues de feu, en Actes 2:4.

Ils reçurent des parties du Logos unique mais ils ne reçurent pas la Mère elle-même, l'Esprit Saint. Ils reçurent le Fils envoyé par la Mère.

''Et le Logos habita en nous, empli de grâce et de vérité.''
''Et le Christ habita en nous, empli de grâce et de vérité.''

Ainsi quand Jésus l'homme reçoit le pneuma (et non le Pneuma Agion) en Jean 1:32, il devient Jésus-Logos ou Jésus-Christ, Jésus-le Fils. Puis quand il remet (paradidômi : livrer, transmettre) le pneuma en Jean 19:30, il redevient Jésus tout court.

''Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?'' (Matthieu 27:46)

Et on peut penser que, puisque les disciples l'ont tous connu ''après'' son baptême par l'Esprit Saint où il est devenu Jésus-Christ, c'est logique qu'ils ne le reconnaissent pas quand ils le voient sur le rivage à la fin de l'évangile selon Jean, après qu'il ait rendu le pneuma reçu au baptême et alors qu'il n'est plus que Jésus, un homme comme tous les autres (Jean-Baptiste dit même ''anêr'' en Jean 1:30).

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Madeleine 06/10/2016 11:53

Bien entendu, ci-dessus l'océan est une allégorie.

Mais avec cette image, je repense à mes études sur la Rosée,
symbole de l'Esprit Saint : la Rosée est aussi une eau + sel...

Et elle est la plus puissante en Mai, mois de la Pentecôte.

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En relisant Jean 1:30, je suis frappée de la redondance avec 1:15.
Elle vient confirmer l'ajout anachronique de 1:15, à supprimer...

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Madeleine 04/10/2016 12:15

Comme je l'ai écrit plus bas, j'ai supprimé le verset 1:15 qui vient couper l'unité évidente entre 1:14 et 1:16. D'autres exégètes (Loisy, Lagrange...) le trouvent suspect mais ils ne prennent pas la ''liberté'' de le supprimer purement et simplement et inventent je ne sais quelle raison de l'y laisser. S'ils l'avaient supprimé, ils auraient compris aussi l'utilité du ''oti'' (parce que, car) que certains scribes ont remplacé par un ''kai'' (et), pour que ça choque moins à la suite du verset suspect 1:15.

Comme on le voit, une fois de plus, traduire sainement dès le départ empêcherait bien des gesticulations exégétiques, et bien des falsifications complaisantes... et finalement malhonnêtes ! Dans ce cas-ci, la malhonnêteté est de vouloir, par ce brusque rappel du témoignage de Jean-Baptiste, extérioriser le Logos dans la seule personne de Jésus (''c'est lui dont je disais'') pour faire de celui-ci l'idole unique d'une église exotérique, seul réceptacle d'un Logos qui pourtant est disponible à ''tout'' fils du Royaume (''nous tous'').

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J'ai changé le titre initial ''Le Royaume de Dieu'' par celui de ''Pentecôte'' car ce passage du Prologue fait allusion, selon moi, au passage en Actes 2:4 où le verbe ''pimplêmi'' au passif (être rempli de) fait écho au ''plêrês'' (empli) de Jean 1:14 ainsi qu'au ''plêrôma'' (plénitude) de Jean 1:16.

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Madeleine 07/10/2016 14:50

J'ai vérifié dans le Papyrus 66 (qui date plus ou moins de l'an 200) et 1:15 s'y trouve déjà.

MAIS 1:16 commence bien par ''oti'' et non par ''kai''. Et puisque ''elabomen'' est à l'indicatif, ce ''oti'' fait de 1:16 un complément de phrase, aussi appelé proposition causale.

Donc 1:16 est un complément de phrase. Et puisqu'il n'est pas possible, à cause du sens, qu'il complète 1:15, cela montre bien que 1:15 est un ajout ultérieur à la rédaction originelle et cela montre donc que 1:16 complète 1:14. CQFD.

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Voici comment l'exégète Frédéric Godet se démène avec ça :

''Quant au ''oti'', ''parce que'', si c'était là la vraie leçon, il faudrait le faire porter soit sur le témoignage des apôtres au v. 14, soit sur celui du Baptiste au v. 15. La première relation n'est pas possible, puisqu'elle forcerait à faire du v. 15 une simple parenthèse, ce qui est inadmissible; la seconde ne l'est pas non plus car il faudrait dans ce cas, comme Weiss essaie de le faire, rapporter ce ''parce que'', non au contenu du témoignage de Jean (v. 15), mais à l'acte même de ce témoignage, ainsi au verbe il témoigne : ''Jean témoigne ainsi de Jésus, parce qu'en effet nous avons tous reçu...'' On ne peut imaginer une liaison plus forcée grammaticalement et logiquement parlant. Rien de plus naturel au contraire que la liaison par ''kai'', ''et'', dans le T. R.; ce ''et'' exprime tout simplement l'adjonction du troisième témoignage, celui de l'Eglise, aux deux autres. Cette leçon est donc certainement la vraie; elle se trouve déjà dans la plus ancienne version syriaque, la Syr. de Cureton. L'autre est due à la fausse interprétation d'Héracléon, suivie par Origène.''

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Cela peut sembler anodin mais c'est très important au contraire, car cela valide ''en nous'' (et non ''parmi nous'') au verset 1:14, comme on le voit ci-dessous en comparant les deux possibilités : on voit tout de suite que seule la seconde est porteuse de sens. De plus, cela montre qu'il n'y a pas trois témoignages, comme F. Godet le conclut ci-dessus, ni même deux témoignages, mais un seul, celui des disciples qui ont reçu le Logos.

''Et le Logos devint chair et habita parmi nous, empli de grâce et de vérité. Car, de sa plénitude, nous tous reçûmes, et grâce pour grâce.''

''Et le Logos devint chair et habita en nous, empli de grâce et de vérité. Car, de sa plénitude, nous tous reçûmes, et grâce pour grâce.''

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Madeleine 26/09/2016 10:37

''kai eskênôsen en êmin'' :

''La troisième fois, je me suis manifesté à eux dans leurs tentes,
étant Verbe,
et je me suis manifesté sous l'apparence de leur image
et j'ai porté leur vêtement, à chacun,
et je me suis moi-même caché en eux
et ils n'ont pas connu celui qui me donne puissance.''

Prôtennoia Trimorphe, NH XIII-1

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Madeleine 25/09/2016 21:25

''Et le Logos devint chair et habita en nous,
empli de grâce et de vérité.'' (Jean 1:14)

Plus bas, dans mes commentaires, j'écris que le Logos ne s'est pas incarné en un être unique que l'on puisse contempler, tel Jésus, mais peut s'incarner à l'intérieur de chaque enfant du Royaume.

Une première preuve de cela est que Jésus va recevoir le don du pneuma, comme Jean-Baptiste en témoigne en Jean 1:32. Si Jésus ''était'' le Logos, il est inconcevable qu'il ait besoin de recevoir ce pneuma ! L'autre preuve se situe logiquement à la fin de son ministère, quand il va rendre ce pneuma qu'il a reçu : ''Et ayant baissé la tête, il remit l'esprit.'' (Jean 19:30)

Donc il serait bon que les ''théologiens'' arrêtent de dire que le Logos s'est incarné en un être unique, Jésus, car nulle part il n'est écrit cela, et l'enseigner est un mensonge. Jésus était simplement un enfant du Royaume, en quelque sorte un modèle, qui avait ceci de particulier qu'il avait reçu le don du pneuma et que ce don lui avait permis de prophétiser et d'enseigner, grâce à la parole de Dieu qu'il transmettait à son tour :
''Je leur ai donné ton logos.'' C'est différent !

Ce don du pneuma attend chaque enfant du Royaume qui manifeste la volonté d'être prêt à le recevoir et à en prendre possession, à en recevoir ''l'héritage'' (la traduction précise du verbe paralambanô en Jean 1:11). Comme on le voit ci-dessous :

''En secret, son fiancé [nymphios] l'a apporté. Il le lui a donné dans la bouche, pour qu'elle le mange à la manière d'une nourriture ; et il lui a mis le Logos sur les yeux comme un baume, pour que son intellect acquière la vision, qu'elle reconnaisse ceux de sa race et prenne conscience de sa racine, afin qu'elle se réunisse à son rameau, duquel elle est issue, qu'elle reçoive ce qui est sien et qu'elle renonce à la matière.''

Authentikos Logos, NH VI-3

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Pour que son intellect acquière la vision :

''Bienheureuse, toi qui ne te troubles pas à ma vue car,
là où est l'intellect, là est le trésor.'' (Evangile selon Marie)

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Madeleine 22/09/2016 15:25

''Je leur ai donné ton logos, et le monde les a haïs,
parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi
je ne suis pas du monde.'' (Jean 17:14)

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Madeleine 20/09/2016 14:48

Quelques versets en rapport avec le Royaume :

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''A moins que quelqu'un n'ait été engendré dès le principe,
il n'est pas capable de voir le royaume de Dieu.'' (Jean 3:3)

''A moins que quelqu'un n'ait été engendré hors d'eau et d'esprit,
il n'est pas capable d'entrer dans le royaume de Dieu.'' (Jean 3:5)

''Il vous faut avoir été engendré dès le principe.'' (Jean 3:7)

(on est loin du ''vous devez naître d'en haut'' de Chouraqui, Tresmontant, etc)

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gennêthê = subj. aoriste passif de gennaô : qu'il ait été engendré
gennêthênai = inf. aoriste passif de gennaô : avoir été engendré

anôthen = d'en haut, du ciel (Bailly)
idem + anciennement, dès le principe (Ch. Alexandre)
oi anôthen = ceux d'autrefois, les anciens, les ancêtres (le même)

ek/ex udatos (génitif) = hors d'eau, au sortir d'eau
Ce n'est donc pas le baptême, qui lui se fait ''dans'' l'eau : en udati (datif)

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On retrouve ci-dessous cette notion d'élection originelle (élus, issus de...) :

''Jésus a dit : Heureux les solitaires et les élus, car vous trouverez le Royaume,
car vous êtes issus de lui, c'est là que vous retournerez.''

Thomas, logion 49

Et Jésus ne semblait pas choqué par cette double humanité sur la Terre :

''Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu. C'est pourquoi vous n'entendez pas,
parce que vous n'êtes pas de Dieu.'' (ek tou Theou = au sortir de Dieu)

Jean 8:47

C'est aussi la parabole du bon grain (= les fils du royaume) qui a été semé à l'origine par le fils de l'homme, dans le champ (le monde), et de l'ivraie (= les fils du méchant) qui a été semée parmi le bon grain par son ennemi (le diable). Voir Matthieu 13:37-39 et Thomas 57.

Qui étaient ou sont ''réellement'' ces deux semeurs ennemis ?
Pourquoi les moissonneurs du fils de l'homme seront-ils des ''anges'' ?
Qui étaient les deux anges dans le tombeau ? Qu'est-ce qu'un ange ?

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''Ne permettez pas que le Royaume
des cieux devienne désert en vous.''

Epître apocryphe de Jacques, NH I-2

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''Le Royaume du Père s'étend sur la terre
et les hommes ne le voient pas.''

Thomas, logion 113

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''Jésus a dit : Heureux les affamés
car le Royaume des cieux est à vous.''

Thomas, logion 54

''Bienheureux les mendiants en esprit
car le royaume des cieux est à eux.''

Matthieu 5:3

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''Si vous ne jeûnez pas au monde,
vous ne trouverez pas le Royaume.''

Thomas, logion 27

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''Allez et proclamez l'Evangile du Royaume.''

Marie 8:20

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Madeleine 20/09/2016 14:46

''A moins que quelqu'un n'ait été engendré dès le principe...''
''A moins que quelqu'un n'ait été engendré hors d'eau et d'esprit...''

=> dès le principe = hors d'eau et d'esprit
=> Dieu = eau + esprit
=> Dieu = l'eau vive :

''C'est lui (l'Esprit) qui se pense lui-même dans sa propre lumière qui l'entoure. C'est lui qui est la source d'eau vive, la lumière pleine de pureté.'' (Livre des secrets de Jean, NH III-1)

On voit qu'il ne s'agit pas de naître (présent ou futur) d'en haut ou une nouvelle fois, et encore moins d'être baptisé dans de l'eau terrestre, comme le concluent les exégètes de ce passage. Il s'agit d'avoir été engendré (une fois pour toutes dans le passé) au sortir de Dieu, c'est-à-dire ''ap' archês'' comme le furent Jésus et les pneumatiques :

''Et vous aussi vous témoignez, parce que dès l'origine (ap' archês) vous êtes avec moi.'' (Jean 15:27)

Engendrés (par Elehim) non pas créés (par YHWH), de même nature que le Père, et par eux tout a été civilisé. Pour le salut des hommes, ils descendirent du ciel. Encore eût-il fallu qu'ils aient été entendus...

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Madeleine 15/09/2016 09:39

''Et le Logos devint chair
et habita en nous, empli
de grâce et de vérité.''

Dans le texte grec, ''plêrês'' (plein, empli) est au nominatif. Il ne se rapporte donc ni à la gloire (accusatif), ni au fils monogène (génitif), mais au Logos (nominatif).

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J'ai omis exprès ''et nous contemplâmes sa gloire...'' car ce passage soudain à un ''nous sujet'' casse la cohérence d'un hymne où le Logos est le sujet, et trahit un ajout ultérieur* manifestement destiné à faire croire au lecteur que le Logos s'est incarné en un être unique que l'on puisse contempler, tel Jésus, et non en nous, à l'intérieur de chaque enfant du royaume. Ne pas oublier que le Prologue parle du Logos et non de Jésus.

Dans l'évangile selon Marie, celui-ci donne d'ailleurs une précision en ce sens, et une précision sans équivoque puisqu'il dit :

''Veillez à ce que personne ne vous égare en disant : ''Le voici'' ou ''Le voilà'' car c'est à l'intérieur de vous qu'est le Fils de l'Homme. Suivez-le. Ceux qui le chercheront, le trouveront.'' (Marie 8:15)

''Ne vous égare'' : cela fait deux mille ans que le Logos a été extériorisé de nous par les Pères de l'Eglise, comme si le ''kosmos'' voulait que nous ne soyons pas responsables de cette identité (mieux que présence) divine à l'intérieur de nous. Responsables et par conséquent libres et créateurs, tel Dieu ! Il nous faut donc retrouver cette responsabilité d'être Dieu (''grâce pour grâce'' en Jean 1:16) et c'est tout le sens du ''paralambanô'' (prendre possession de) en Jean 1:11.

Le sens aussi du logion 2 de l'évangile selon Thomas, qui parle de la royauté sur le Tout pour celui qui trouvera le Logos, par qui le Tout advient. Le sens enfin de la parole de Jésus qui assumait cette identité divine quand il répondait à Philippe : ''Celui qui m'a vu, a vu le Père'' (Jean 14:9), nous montrant ainsi l'exemple à suivre.

* on peut ''zapper'' pour la même raison suspecte Jean 1:15 et ainsi le verset 16 vient compléter naturellement le verset 14, au sujet de la plénitude et de la grâce.

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Quant à notre état originel de ''vierge'' (homme ou femme) :

''Les sages qui nous ont précédé ont nommé l'âme d'un mot féminin, et dans la réalité aussi, elle est femme par sa nature ; elle est même dotée d'une matrice.

Tant qu'elle est seule auprès du Père, elle est vierge et d'apparence androgyne. Mais lorsqu'elle tomba dans un corps et vint en cette vie, elle tomba au pouvoir de nombreux brigands et les violents se la passèrent l'un à l'autre et la souillèrent. Certains la prirent par violence, d'autres en la séduisant par un cadeau illusoire. Bref, elle fut souillée et perdit sa virginité. Elle se prostitua dans son corps et se livra à tout le monde, pensant que celui auquel elle va s’enlacer est son mari. (...)

Aussi longtemps donc que l'âme court ça et là, s'unissant à ceux qu'elle rencontre et se souillant, elle est sujette à la souffrance de ce qu'elle mérite de subir ; mais si elle prend conscience des maux dans lesquels elle se trouve, qu'elle pleure vers le Père et qu'elle se repente, alors le Père lui fera miséricorde. Il détournera sa matrice des réalités extérieures et la retournera à l'intérieur : l'âme recouvrera sa disposition propre. Car il n'en va pas ici comme pour les femmes. Les matrices corporelles en effet sont à l'intérieur du corps comme les autres entrailles, tandis que la matrice de l'âme est tournée vers l'extérieur, tout comme les organes virils sont à l'extérieur. Si donc par la volonté du Père, la matrice de l'âme se tourne vers l'intérieur, elle est baptisée et aussitôt purifiée de la souillure extérieure qui fut imprimée sur elle, de même que les vêtements tachés sont mis à l'eau et retournés jusqu'à ce que soient enlevées leurs taches et qu'ils soient purifiés. Or la purification de l'âme est de recouvrer à l'état neuf son organe premier et de se retourner. C'est cela son baptême.'' (Exégèse de l'âme, NH II-6)

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''Recouvrer à l'état neuf son organe premier et se retourner'' :

C'est tout le sens du retournement spirituel de Marie-Madeleine, le matin du jour de la Résurrection, quand, ayant été retournée (aoriste passif pour ''strapheisa'' en Jean 20:16) par son bien-aimé, elle incarne l'allégorie de l'âme :

''Puisqu'elle est femme, elle ne peut engendrer seule. Le Père lui a envoyé du ciel son mari, qui est son frère premier-né. Alors l'époux descendit vers l'épouse. Elle quitta sa prostitution première, elle se purifia des souillures des amants adultères et se renouvela dans l'état d'épousée. Elle se purifia dans la chambre nuptiale, elle la remplit de parfum et s'y assit en guettant l'époux véritable. Elle ne court plus partout sur la place publique, s'unissant à ceux qu'elle désire, mais elle est restée à guetter le jour où il viendra, avec anxiété car elle ne connaissait pas son aspect.'' (Exégèse de l'âme, NH II-6)

On voit, dans les extraits ci-dessus, des parallèles évidents avec Marie-Madeleine au tombeau (= la chambre nuptiale) : le fait qu'elle soit celle qui pleure, celle qui parfume, également le fait qu'elle ne connaisse pas son aspect (''elle ne savait pas que c'était Jésus'' en Jean 20:14). D'ailleurs, pour le Moyen-Age, Marie-Madeleine incarnait dans l'esprit des chrétiens la figure de l'âme et sa purification, allant de Marie-Madeleine la prostituée à Marie-Madeleine la vierge.

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Présentation

Introduction

 

"C'est moi la Fiancée, et
le Fiancé c'est mon mari
qui m'a engendrée; c'est
moi la mère de mon père
et la soeur de mon mari
et c'est lui mon rejeton."

Le Tonnerre

 

Nag Hammadi


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