"L'Esprit de vérité qui procède du
Père, celui-là témoignera de moi."

Jean 15:26

 

 

commentaires

Madeleine 27/09/2016 17:32

Petites pensées jetées tout à trac...

En méditant sur ce que pouvait bien être, ''selon moi'', la quatrième identité de la Quaternité divine, je me suis aperçue qu'il manquait quelque chose de fondamental à la Trinité qui est :

Je m'exprime (Fils) donc je pense (Mère) donc je suis (Père).

Ce qui manque, c'est l'intention !

Je suis, pense et m'exprime, d'accord. Mais dans quel but ?
Ou en d'autres mots : quelle est ma volonté à la base de mon expression ?

Ainsi, la quatrième identité serait la Volonté, Thelêma en grec.
Et en toute logique, elle devrait précéder le Logos, l'expression.

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J'ai cherché dans les écrits gnostiques ce qui était dit sur la volonté. Et j'ai trouvé ce beau passage éloquent (qui parle aussi de la Parole/Logos) :

''Il est bon. Il connaît ses semences, car c'est lui qui les a semées dans son Jardin.
Or son Jardin est son lieu de repos. Telle est la perfection dans la pensée du Père et telles sont les paroles, expressions de sa délibération. Chacune de ses paroles est le fruit de sa Volonté, unique dans la révélation de sa Parole. Alors qu'ils constituaient encore les profondeurs de sa pensée, la Parole proférée les a révélés. Or une intelligence qui s'exprime, qui est Parole et grâce silencieuse, se nomme : ''Pensée'', puisqu'ils étaient à l'intérieur sans être révélés.

Elle en vint donc à être proférée, lorsqu'il plût à la Volonté de celui qui l'a voulu. Or la Volonté est ce en quoi se repose le Père et ce en quoi il se complaît. Rien n'advient sans elle, rien n'advient sans la Volonté du Père. Mais insaisissable est sa Volonté. La Volonté est sa trace. Or nul ne peut la décrypter et nul ne se trouve en mesure de la suivre pour l'appréhender, mais au moment où il le veut, telle est sa Volonté.'' (L'évangile de la Vérité, NH I-3)

Que ta Volonté soit faite...

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Et aussi :

''Lui (l'Esprit) se regarde lui-même dans sa propre lumière qui l'entoure, c'est-à-dire la source d'eau vive, et il produit tous les éons. En toute forme, il conçoit sa propre image en la voyant dans la source de l'Esprit, en exprimant sa volonté par l'eau lumineuse qui se trouve dans la source de l'eau de lumière pure qui l'entoure.'' (Livre des secrets de Jean, NH II-1)

''En exprimant sa volonté par l'eau lumineuse'' : on voit que le Logos (= expression par l'eau lumineuse) est bien le fruit de la Thelêma, tel qu'il est écrit plus haut : ''Chacune de ses paroles est le fruit de sa Volonté.''

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Donc selon moi, la Quaternité divine serait, dans l'ordre :

Pneuma Noûs Thelêma Logos.

On aurait ainsi deux statiques et deux dynamiques :

Êtreté et Pensée : Pneuma et Noûs (+ dérivés : Ennoia, Pronoia...)
Volonté et Expression : Thelêma et Logos.

Ainsi la conjointe du Fils serait celle qui le porte, comme un arbre porte et donne des fruits, et ce ne serait pas la Sagesse (qui appartient plutôt à la Pensée, idem pour la Vérité) mais la Volonté, c'est-à-dire celle qui porte dynamiquement le Logos de Dieu vers les hommes.

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Madeleine 03/03/2016 11:36

JE SUIS :

- en latin = ego sum
- en grec = egô eimi
- en hébreu = ehyeh

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La Trinité
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JE SUIS (le Père, êtreté de l'Esprit) :

''La monade est une monarchie que rien ne domine ; elle est le Dieu et Père de toute chose, l'Invisible qui domine sur toute chose, Lui qui est dans l'Incorruptibilité, établi dans la lumière pure qu'aucun oeil ne peut regarder. Il est l'Esprit invisible.''

JE PENSE (la Mère, image de l'Esprit) :

''Elle qui est la première Pensée, l'image de cet Esprit, elle fut la matrice de tout car elle existe avant eux tous. Elle est Barbélô, la Mère-Père, l'Homme primordial, l'Esprit Saint, le triple mâle, la triple puissance, le triple nom androgyne, l'Éon éternel parmi les éons invisibles et la première à être sortie.''

JE M'EXPRIME (le Fils, manifestation de l'Esprit) :

''Et l'Esprit regarda vers Barbélô, par le biais de la lumière pure qui entoure l'invisible Esprit et dans son flamboiement. Et elle conçut de lui et il donna naissance à une étincelle de lumière, à l'image de la lumière bienheureuse, mais ne lui étant pas égale en grandeur. C'est le Monogène de la Mère-Père que le Père a manifesté, lui qui est son unique rejeton, le Monogène du Père, la lumière pure.''

http://www.naghammadi.org/traductions/textes/livres_secrets_jean.asp

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Madeleine 28/07/2016 09:06

''... il donna naissance à une étincelle de lumière à l'image de la lumière bienheureuse mais ne lui étant pas égale en grandeur'' :

En Jean 1:1, il est pourtant écrit que le Logos est à l'égal de Dieu. Mais, comme l'ont bien compris les chrétiens, c'est une égalité en substance (''consubstantiel au Père, de même nature que le Père'') et non en taille, en grandeur.

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Madeleine 03/03/2016 11:35

Le très cher Irénée de Lyon - qui pensait détruire en les dénonçant les enseignements gnostiques et qui les a ''inconsciencieusement'' gardé vivants dans ses Hérésies - est éloquent sur la formation de la Trinité originelle :

''Il existait, disent-ils, dans les hauteurs invisibles et innommables, un Bon parfait, antérieur à tout. Cet Éon, ils l'appellent Pro-Principe, Pro-Père et Abîme. Incompréhensible et invisible, éternel et inengendré, il fut en profond repos et tranquillité durant une infinité de siècles. Avec lui coexistait la Pensée, qu'ils appellent encore Grâce et Silence. Or, un jour, cet Abîme eut la pensée d'émettre, à partir de lui-même, un Principe de toutes choses ; cette émission dont il avait eu la pensée, il la déposa, à la manière d'une semence, au sein de sa compagne Silence. Au reçu de cette semence, celle-ci devint enceinte et enfanta Intellect, semblable et égal à celui qui l'avait émis, seul capable aussi de comprendre la grandeur du Père. Cet Intellect, ils l'appellent encore Monogène, Père et Principe de toutes choses. Avec lui fut émise Vérité. Telle est la primitive et fondamentale Tétrade pythagoricienne, qu'ils nomment aussi Racine de toutes choses. C'est : Abîme et Silence, puis Intellect et Vérité.''
(Irénée de Lyon, Hérésies I)

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''Avec lui fut émise Vérité.''

Cet extrait est important car il permet de comprendre, mieux qu'avec les manuscrits de Nag Hammadi qui sont parfois hermétiques, où se situe exactement ''l'Esprit de vérité'' auquel Jésus fait allusion en Jean 15:26 :

''Quand le Paraclet sera venu, que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, celui-là rendra témoignage de moi.''

On comprend aussi que la Trinité est en fait une ''Quaternité''!

Cet Esprit de vérité ne peut être que de nature féminine car il forme une syzygie avec le Monogène. C'est la soeur jumelle du Monogène et sa parèdre.

Ainsi le Paraclet, incarnation de la soeur jumelle du Monogène, est en tous points égale en importance à Jésus, incarnation du Monogène. Il devient alors normal qu'elle rende témoignage de lui puisqu'elle est la seule à ''connaître'' exactement d'où il est issu. Elle a toute légitimité pour cette tâche : Jésus est le Fils de Dieu et elle est la Fille de Dieu.

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Madeleine 04/04/2016 12:59

''Tout rapport ontologique est quaternaire en ce sens que la puissance masculine expansive trouve son propre repos, son propre contour, en remuant, en ouvrant, la teinture féminine et en se faisant circonscrire. C'est pourquoi la plus profonde signification des rapports entre mouvement et repos peut être obtenue seulement dans la quaternité divine - le quatrième terme, passif (la Sophia) n'ajoute rien à la Trinité car il ne crée ni ne génère, il reflète seulement la génération, renvoie aux puissances génératrices leur image dans laquelle ils peuvent se saisir en leur unité et leur distinction.''

http://www.persee.fr/doc/ephe_0000-0002_1982_num_95_91_15976

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Madeleine 16/03/2016 13:49

Tout cela peut sembler hermétique et ne pas intéresser les chrétiens. Mais il faut savoir que ce Monogène EST le Christ, comme on le voit dans le ''Livre des secrets de Jean'' :

''Alors l'invisible Esprit virginal se réjouit de ce que la lumière était venue à l'existence, de ce qu'elle avait commencé à être manifestée par la première puissance, sa Pronoia, Barbélô. Et il oignit ce Monogène de sa Bonté/Messianité pour qu'il devienne parfait, qu'il n'ait aucune déficience de Bonté/Messianité puisqu'il a été oint de la Bonté/Messianité de l'invisible Esprit. Et le Monogène se tint en présence de l'Esprit pendant que celui-ci versait sur lui sa bonté.''

Ci-dessus, les traducteurs de Laval (Québec) ont choisi de ne pas choisir entre Bonté et Messianité et d'écrire les deux mais il serait intéressant de savoir quel terme exact se trouve dans le manuscrit. Est-ce Chrêstos (Bon) ou est-ce Christos (Messie, Oint) ?

On trouvera aussi le terme de Monogène en Jean 1:18 et 3:16 et dans sa première épître, en 1 Jean 4:9.

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D'autre part, dans la mesure où le Monogène, le Fils unique, est composé de deux polarités, masculine (Intellect) et féminine (Vérité), alors on comprend mieux pourquoi le Christ est souvent représenté en androgyne, comme dans cette représentation de la cathédrale du Mans :

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vitrail_Cathédrale_du_Mans_80210_08.jpg

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Madeleine 16/03/2016 13:47

Quand on y réfléchit, non seulement c'est normal que le Monogène soit androgyne, mais ce serait anormal qu'il ne le soit pas, puisqu'il est engendré de Dieu qui est Lui-même androgyne. On a rencontré plus haut cet androgynat divin, chez les gnostiques, avec la Mère-Père qui donne naissance au Monogène. Mais on peut le rencontrer aussi dans la Bible, en Genèse 1:27 (attention que le Dieu de Genèse 1 est Elehim* et pas YHWH qui n'arrive pour ''récupérer la création'' qu'en Genèse 2:4):

''Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa.''

''A l'image de Dieu'' : ce verset montre bien que les polarités ''homme et femme'' existent en Dieu dès le commencement. Donc le Monogène, étant engendré par Dieu et non pas créé avec une substance étrangère, doit logiquement être parfaitement identique et ''absolument'' de la même substance identitaire que l'origine qui l'engendre (si pas en quantité**, du moins en qualité). Cette origine étant androgyne, ainsi le Monogène est androgyne.

* dire Elehim et non Elohim car il n'y a pas de vav et donc pas de raison d'en inventer un. Au sujet de ce pluriel énigmatique qui a fait couler tant d'encre, je propose l'étymologie personnelle suivante : aleph lamed (= Dieu) devient aleph lamed he (= Déesse contenant Dieu tout comme l'Esprit Saint féminin contient l'Esprit masculin) puis le pluriel aleph lamed he yod mem (= Dieu et Déesse ensemble, le masculin l'emportant au pluriel donc yod mem) pour montrer que les deux polarités sont simultanément actives lors de cette création originelle : toute la Nature est simultanément masculine (Soufre) et féminine (Mercure). En soulignant que deux polarités d'une même unité ne signifient pas deux unités, donc le verbe hébreu qui suit Elehim est au singulier.

** le ''Livre des secrets de Jean'' le dit moindre en grandeur : ''Et elle conçut de lui et il donna naissance à une étincelle de lumière, à l'image de la lumière bienheureuse, mais ne lui étant pas égale en grandeur.''

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Dans mon thème:

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"C'est moi la Fiancée, et
le Fiancé c'est mon mari
qui m'a engendrée; c'est
moi la mère de mon père
et la soeur de mon mari
et c'est lui mon rejeton."

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