"Dans le coeur de l'Eglise,
je serai l'Amour."


Sainte Thérèse

 

 

commentaires

Madeleine 30/04/2015 19:12

"Marie répondit et dit: Ce qui vous est caché, je vais vous l'annoncer, et elle se mit à leur tenir ces propos: Moi, dit-elle, je vis le Seigneur en vision et je lui dis: Seigneur, je t'ai vu en ce jour en vision. Il répondit et me dit: Bienheureuse, toi qui ne te troubles pas à ma vue car, là où est l'intellect, là est le trésor.

Alors je lui dis: Et maintenant Seigneur, celui qui perçoit la vision, est-ce au moyen de l'âme ou au moyen du pneuma qu'il la voit ?

Le Sauveur répondit et dit: ce n'est ni au moyen de l'âme ni au moyen du pneuma qu'il voit mais le Noûs étant entre les deux, c'est lui qui perçoit la vision et c'est lui qui [la fin manque]" (Evangile de Marie)

*******

Le Noûs se situe entre l'âme individuelle (le Moi) et le Pneuma ou Esprit universel (le Soi). Le Noûs est l'espace de la Conscience.

Ame - Conscience - Esprit

L'âme est une individualité spirituelle, originellement vierge et lumineuse, mais elle est devenue inconsciente en tombant dans la densité d'un corps charnel, densité obscure et froide. Dans ce corps de bébé puis d'enfant, l'âme devient intellectuellement soumise aux diktats d'une éducation débilisante, uniquement vouée à la survie du collectif, et soumise aux conditionnements multiples qui régissent la survie physique du corps qui la contient et la reproduction de l'espèce "animale humaine" qui l'entoure.

Quand l'âme comprend son impuissance face aux diktats de ce "monde" puis accepte, après maintes souffrances et par un libre-arbitre absolu, d'être à nouveau éclairée par Dieu, son vrai Père, elle s'ouvre vers le ciel (metanoïa) et Dieu peut la réveiller à sa véritable nature individuelle, libre et divine, heureuse.

Plus cette âme est re-sensibilisée par Dieu ("l'endiosamiento" de l'âme), plus elle transmue son inconscience en conscience, et plus elle redevient lumineuse et capable de "voir" ce qui n'est pas dense, matériel (comme les anges que voit Marie-Madeleine). Ce n'est pas tout ou rien, c'est progressif. A noter que Marie-Madeleine "pleure" au moment où elle voit les anges (Jean 20:11), les larmes comme tout corps humide sont un vecteur possible de pneuma.

Le pneuma dont Jésus "infuse" progressivement Marie-Madeleine par son enseignement privilégié et par ses baisers "avé la langue" (Jésus soigne aussi avec sa salive l'aveugle-né, allégorie de l'aveuglement de l'âme) aide celle-ci à conscientiser les choses cachées, à les dévoiler (apocalypse), les mettre en lumière:

"En secret, son fiancé l'a apporté. Il le lui a donné dans la bouche, pour qu'elle le mange à la manière d'une nourriture; et il lui a mis le Logos sur les yeux comme un baume, pour que son intellect acquière la vue, perçoive ceux de sa race et prenne connaissance de sa racine, pour qu'elle se fixe à son rameau, d'où elle est venue originellement, pour qu'elle reçoive ce qui est sien et qu'elle quitte la matière." (L'enseignement d'autorité, NH VI-3).

http://www.naghammadi.org/traductions/textes/enseignement_autorite.asp

*******

La question qui demeure est: pourquoi l'âme est-elle tombée dans un corps charnel ? Serait-ce une question de champs magnétiques terrestres ? La métaphysique y répondra peut-être un jour...

*******

Madeleine 29/04/2015 11:07

Si on lit attentivement Jean 20, versets 3 à 12, on constate que ni Pierre, ni l'autre disciple ne voient les anges dans le sépulcre. Puis ils rentrent chez eux.

Marie-Madeleine, se penchant à son tour, voit les deux anges. Pourquoi a-t-elle, seule, ce privilège de "voir l'invisible" ? Parce qu'elle est désormais dépositaire du Pneuma reçu à la croix, elle est devenue capable de voir ce qui reste caché aux profanes. De plus, Jésus ne se montre pas à Pierre et à Jacques alors qu'il pourrait le faire comme avec Marie-Madeleine. Pour quelle raison ne le fait-il pas ?

C'est encore Marie-Madeleine qui "apprend" à Pierre que l'homme qui se tient sur le rivage est Jésus (Jean 21:4-7).

Je crois que Pierre et Marie-Madeleine s'aimaient réellement (dans l'évangile de Marie, Pierre doute seulement d'elle - "devrions-nous l'écouter ?" - il ne la rejette pas) car Jésus leur avait commandé de s'aimer les uns les autres, et tous les deux aimaient Jésus et lui obéissaient.

Mais ces passages - et d'autres évoqués ci-dessous - posent tout de même une question fondamentale: comment se fait-il que Pierre, qui renie Jésus par trois fois, qui est absent à la croix, qui est incapable de voir les anges dans le sépulcre et le Seigneur sur la rive, et à qui Jésus reste volontairement caché au tombeau, soit devenu le chef de l'Eglise et le modèle des papes, et que Marie-Madeleine, dépositaire du Souffle et de l'enseignement secret de Jésus, capable de voir ce qui est caché aux autres disciples et de reconnaître Jésus sur le rivage, compagne avérée du Sauveur et choisie par lui pour être l'unique annonciatrice de sa résurrection, soit seulement une sainte sur le calendrier ?

*******

Madeleine 24/04/2015 13:58

"Quant à Marie-Madeleine, le Sauveur l'aimait plus que tous les disciples et il l'embrassait sur la bouche souvent. Le reste des disciples lui dirent: Pourquoi l'aimes-tu plus que nous tous ? Le Sauveur répondit et leur dit: Pourquoi ne vous aimé-je pas comme elle ?" (Philippe, logion 55)

Ce passage montre que Jésus aimait Marie-Madeleine d'un amour asexuel, platonique, et non d'un amour charnel. Car il n'aurait jamais commis l'impudence
de faire allusion à un amour sexuel pour ses disciples, en posant cette question.

Jésus aime simplement Marie-Madeleine "plus que" tous ses disciples. Elle est sa préférée, pas sa compagne de lit. Koinônos ne vient pas de koitê ou koitos (en français coït, en grec le lit, la couche) comme certains auteurs contemporains voudraient le faire croire, mais vient de koinos qui veut dire commun, associatif.

Elle est celle auprès de qui Jésus peut soulager sa solitude - la solitude de ceux qui sont surdoués - parce qu'elle est la seule capable de comprendre ce qu'il enseigne,
et la seule capable d'intégrer cette connaissance:

"C'est l'abondance du révélateur que tu manifestes" lui dit-il.
(Dialogue du Sauveur)

Un professeur ne va-t-il pas "aimer davantage" ceux de ses élèves qui l'écoutent
et qui intègrent son enseignement ?

*******

Et si Jésus embrasse Marie-Madeleine sur la bouche, c'est uniquement pour lui transmettre le Pneuma, le souffle divin dont il est dépositaire (et qui se trouve dans
ses fluides, dans l'humide: salive larmes sang etc).

Quand Jésus livre (paradidômi) le pneuma (et non son pneuma) à la croix, il le remet à Marie-Madeleine qui devient ainsi son Eglise, la porteuse du pneuma divin. Ce pneuma est symbolisé par le sang de Jésus qu'elle recueille (voir les représentations d'Ecclesia et Synagoga). Car comme le dit l'évangile selon Philippe, logion 23: "Sa chair est le Verbe et son sang est l'Esprit Saint."

Marie-Madeleine devient donc l'Eglise.

Le Souffle de Dieu est passé de l'Esprit-Saint à Jésus (Jean 1:32) puis de Jésus à Marie-Madeleine (Jean 19:30). Elle devient l'héritière du Souffle, la nouvelle incarnation de Dieu (!) après Jésus*. C'est pourquoi elle est souvent représentée avec les mains croisées en forme d'ailes de colombe, cet oiseau étant le symbole du Pneuma, de l'Esprit. C'est pourquoi aussi Jésus dit à sa mère: "Voici ton fils" (= voici moi-même,
la continuité de moi).

* c'est pour cela qu'elle ne mourra pas, pas plus que Jésus.
Elle ascensionnera comme lui:

http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Ascension_of_Mary_Magdalene

*******

"Mater Domini significat sinagoga Judeorum; Maria autem Magdalene significat ecclesiam gentium; major causa ecclesia gentium congregata de totis partibus mundi, quam sinagoga Judeorum de una provincia…"

"Madeleine, symbole de l'Eglise des Gentils, est supérieure à la Vierge, symbole de celle des Juifs, l'assemblée de tous les chrétiens étant supérieure à celle d'une province. Ce sermon est particulièrement exceptionnel dans son exaltation de Marie-Madeleine au-dessus de la Vierge Marie elle-même, mais il est représentatif d'une tradition exégétique fréquente dans sa comparaison des deux Maries et dans l'identification de Marie-Madeleine avec l'Eglise."

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_1123-9883_1992_num_104_1_3218

*******

Présentation

Introduction

 

"C'est moi la Fiancée, et
le Fiancé c'est mon mari
qui m'a engendrée; c'est
moi la mère de mon père
et la soeur de mon mari
et c'est lui mon rejeton."

Le Tonnerre

 

Nag Hammadi


Rechercher

Contact